Projet Thy-le-Château

Thy-le-Château près de Walcourt est une localité de la région de Charleroi en Belgique avec une tradition plusieurs fois centenaire de l’industrie du fer. Toutefois dès le milieu du 19e siècle, les activités lourdes, comme les hauts-fourneaux furent délogées en direction du centre du bassin de Charleroi à Marcinelle. Dès 1896 il n’y a vait plus que le laminoir « St. Eloi » fermé en 1987. Ceci explique la raison sociale : « Thy-le-Château & Marcinelle » sous laquelle la firme opérait au Fond-de-Gras dès 1920.

Elle y occupait les surfaces à la tête Est de la gare, côté du hameau, et dominait les autres compagnies par la taille de ses installations, sauf la société « Providence » de Marchienne-au-Pont, originaire du même bassin sidérurgique belge. Sur le site qu’elle occupait au Fond-de-Gras, Thy-le-Château & Marcinelle avait déjà eu des précurseurs.
Du côté sud (« Rodenhaff »), « Jan Reuter & van Mossevelde » exploitait dès 1879 une surface minière non concessible de 9,35 ha obtenue en location de la Commune de Differdange ainsi que 6ha de la concession minière PH « Jungenbesch ». En face, du côté nord (« Titelberg ») des voies se trouvait le quai minier « Langfuhr » aménagé dès 1880 par la société de chemins de fer à voie étroite LSB (« Luxemburger Schmalspurbahnen », lignes Fels-Cruchten et Luxembourg-Remich) qui avait obtenu les 23ha de la concession « Langfuhr-Graskopp ». L’exploitant sur place était le belge Adolphe Mineur de Charleroi qui suite à des problèmes dans les relations avec la LSB reprit les installations à son compte dès 1890, de même que les 11,5ha restants de la concession PH du « Jungenbesch ». L’ensemble de ces terrains fut concentré en 1903 dans la « Société Minière Langfuhr » qui disposait alors de près de 50ha de terrains miniers. L’installation de chargement de l’ancien quai « Reuter & van Mossevelde » fut abandonnée alors que les installations techniques furent rendues plus performantes. C’est ainsi que dès 1910 la traction électrique avec 2 locomotives AEG de 24 CV fut instaurée. Elle allait rester la seule traction électrique au Fond-de-Gras jusqu’à la fin des activités minières !
L’embouchure qui donnait accès à ses galeries d’exploitations se trouvait au niveau des quais miniers à une centaine de mètres en prolongement de l’axe des voies du Train 1900. Elle a été recouverte de quelque 12 m de déblais dans les années 1970 et n’est plus visible aujourd’hui. Sur le quai « Langfuhr » (côté Titelberg), se trouvait une remise pour les locomotives, et un atelier de réparation pour le matériel minier complété d’une forge. Sur le côté opposé (Rodenhaff) se trouvait en bas le stock de bois d’étançonnage et au niveau supérieur un grand bâtiment technique abritant plus tard la distribution d’énergie électrique et la production d’air comprimé. Il est probable qu’au début du 20e siècle la production de l’énergie électrique devait s’y effectuer localement faute de réseau public accessible.

L’exploitation minière a été suspendue en 1950, mais les installations entretenues en vue d’une reprise éventuelle. L’ensemble passait aux mains de la MMR de Rodange en 1957, qui allait exploiter la quantité restante de minerai entre 1960 et 1966 à partir de son exploitation voisine, la minière « Doihl ».
L’exploitation de Thy-le-Château au Fond-de-Gras était à la une de tous les journaux en janvier 1933, lorsqu’à la suite de l’éboulement d’une galerie 6 mineurs furent enfermés pendant 60 heures. Il y avait le risque que faute d’exhaure la galerie en question pouvait se noyer ne laissant aucune chance aux mineurs enfermés dont on savait par le biais de signaux acoustiques qu’ils étaient en vie. Une opération de sauvetage effrénée fut menée sans relâche englobant également le creusement d’une galerie à partir de l’exploitation voisine de l’usine de Rodange. Le prince Félix se rendit en personne sur place pour dire la reconnaissance de la Cour Grand-Ducale aux équipes engagées. Finalement les 6 mineurs purent sortir indemnes, sauf d’avoir souffert du froid et la faim.
Vers 1960, tous les bâtiments furent rasés, mais les débris laissés sur place en majeure partie ce qui a facilité la préparation du présent projet.
Celui-ci consiste dans la reconstruction sur les anciennes fondations des locaux du côté Rodenhaff. Une série de photos de bonne qualité du début des années 1950 a permis de comprendre la plupart des détails.

L’affectation de la construction sera toutefois tout à fait différente. Le site Fond-de-Gras manque depuis des années d’un espace couvert où il soit possible d’accueillir des visiteurs, des organisateurs, et des groupes. Une salle de nouvelle construction abritera une petite machine à vapeur fixe récupérée il y a des années en RFA. Avec des équipements électriques adéquats on aura comme cadre un central électrique (non fonctionnel) rappelant ainsi une des fonctions primaires du bâtiment d’origine. Un guichet d’accueil y sera aménagé et les groupes pourront s’y rassembler tout en s’informant sur le passé industriel du site et les sociétés y actives par le biais d’une petite exposition de documents. Dans l’autre partie du corps principal du bâtiment, un espace multimédia sera aménagé pour des présentations et des films à l’attention des visiteurs. Cette salle doit offrir une cinquantaine de places. A l’étage, au-dessus de la salle multimédia, on créera des surfaces de bureau pour le responsable du site et son aide, actuellement logés au premier étage de la gare dans un local difficilement accessible au public, ainsi qu’une aire de séjour pour les guides. Dans un corps annexe, on aménagera des toilettes qui à ce jour font également défaut en nombre suffisant sur le site et la technique du bâtiment. Le projet comprend par ailleurs le raccordement du bâtiment aux réseaux publics (eau, électricité, égout et év. gaz).
Les locaux seront gérés par l’asbl Parc Industriel et Ferroviaire du Fond-de-Gras, mais les différents acteurs du site y auront accès dans le cadre de leurs activités. Les plans ont été élaborés par AMTF et ProActif qui assurera une partie importante des travaux. Pour certains aménagements, des corps de métier spécialisés externes seront sollicités.
Le financement doit être assuré dans le cadre des projets ProActif avec l’appui des services étatiques intéressés dans le développement du site, alors que l’AMTF fera également des apports.
Les diverses procédures d’autorisation et de financement sont engagées et avec un peu d’optimisme, un début des travaux peut avoir lieu début 2009.