Locomotives à vapeur sans foyer

Le principe de fonctionnement de ces dernières est qu’un réservoir cylindrique posé sur un châssis de locomotive à vapeur et rempli à environ la moitié d’eau est traversé par un courant de vapeur, de l’ordre de 10 bar de pression, délivré par une installation de production de vapeur fixe. A la fin de cette procédure de remplissage, l’eau contenue dans le réservoir de la locomotive a pris la température correspondant à la pression de la vapeur introduite (env. 200°C). La locomotive est déconnectée de la station de remplissage et peut fournir un travail de traction en profitant de l’énergie calorifique enmagasinnée dans l’eau. Au fur et à mesure que la locomotive roule, la température de l’eau et conjointement la pression de la vapeur amenée vers les cylindres, diminuent. Lorsqu’une pression de l’ordre de 2 bar est atteinte, la locomotive doit regagner une station de remplissage et le cycle recommence.

Locomotive sans foyer No 123 à 2 essieux d’ARBED Differdange (anc. HADIR) avec son wagon de protection (But : garantir une certaine distance entre la cuve ou la poche et la locomotive pour éviter que des éclats de matériel en fusion puissent atteindre le conducteur).
Construite en 1928 par la « La Meuse-Liège » sous le numéro 3332
Puissance 285 CV, Poids : 38t.

Locomotive sans foyer No V 12 à 3 essieux d’ARBED Dudelange.
Construite en 1956 par « Jung- Jungenthal Kirchen a.d. Sieg » sous le numéro 12513.
Désignation de type par le constructeur : »Felix »
Puissance 250 CV, poids 39t

L’avantage de ce type de locomotives qu’il est très simple et robuste, la partie la plus compliquée d’une locomotive normale (à foyer) étant la chaudière. Elle était donc bon marché tant à l’acquisition que dans la maintenance. Sa conduite est aisée et ne demande pas de personnel très qualifié. L’échappement de la locomotive est uniquement constitué de vapeur d’eau, sans gaz de combustion et sans fumée. Elle peut donc circuler sans inconvénient dans des espaces couverts et à l’intérieur de halls de fabrication. Son désavantage est évidemment d’avoir un rayon d’action limité et de nécessiter un réseau de distribution de vapeur. Ce dernier était cependant disponible pour toutes sortes d’applications dans les usines sidérurgiques.

Locomotive sans foyer No V 14 à 4 essieux d’ARBED Dudelange.
Construite en 1962 par « Jung Jungenthal Kirchen a.d. Sieg » sous le numéro 13 443.
Désignation de type par le constructeur: »Furie ».
Apparemment la plus puissante locomotive sans foyer construite.
Puissance 500 CV, poids 64t.

Les locomotives sans foyer étaient utilisées sous les hauts-fourneaux pour mettre en place les cuves à laitier et les poches à fonte, pour manœuvrer les cuves en rames et pour transférer la fonte vers l’aciérie. A la sortie des laminoirs, ces locomotives récupéraient les wagons chargés de produits finis. Elles évoluaient également dans les halls de stockage et dans les ateliers de maintenance.

Les locomotives à vapeur classiques intervenaient conjointement avec les locomotives électriques et pour tous les besoins excédant la capacité des locomotives sans foyer.

Dès la fin des années 1960 les locomotives diesel vinrent se substituer dans les applications énumérées, sauf sous les hauts-fourneaux où la locomotive sans foyer résistait plus longtemps. La dernière locomotive à foyer a été garée à Belval en 1975 (locomotive No 8 préservée), tandis que la traction avec locomotives sans foyer s’arrêtait avec l’extinction des hauts-fourneaux de Dudelange en nov. 1984.

La locomotive No 12 en service à l’usine de Differdange en 1969.

Matériel visitable au Fond-de-Gras.